octobre 25, 2009 0

In Da Cinéclub #22 – CLONES

Après six années d’absence, Jonathan Mostow est de retour derrière la caméra pour nous pondre son dernier film de science fiction, Clones. Le réalisateur du très moyen Terminator 3 : Le soulèvement des machines (indéniablement le plus mauvais de la saga) s’est dégotté un nouveau kit de construction pour son dernier long métrage assez bancal.

Adapté de The Surrogates, le roman graphique de Brett Weldele et Robert Venditti, Clones nous plonge dans une société pas si lointaine où chaque être humain possède son double robotique. Une reproduction idéalisée de sa propre chair où les défauts sont gommés par une technologie révolutionnaire. Devenez plus mince, plus grand, plus musclé, noir, blanc, femme ou homme et faites évoluer votre réplique robotique à votre place dans la société. En échange de nombreux dollars vous vous offrez le luxe de ne plus craindre le monde de dehors et d’errer comme bon vous semble dans une société sans âme. Allongé sur un fauteuil de contrôle relié à votre cerveau, vous dirigez votre androïde depuis la maison familiale et échappez ainsi à la criminalité, le risque d’accident ou la crainte d’attraper un virus.
Une vie par procuration qui n’est pas sans rappeler les jeux de simulation de vie sociale tels que Second Life ou les Sims.

Toute cette population de ferraille télécommandée va rapidement être chamboulée par un crime mystérieux. L’enquête conduit l’agent Greer à découvrir l’existence d’une nouvelle arme particulièrement dangereuse pour les robots. Incarné par un Bruce Willis toujours prêt à sauver le monde, Greer va bousculer l’ordre établi en entraînant son double sur le territoire privé des réfractaires, d’irréductibles militants anti-robots qui résistent encore et toujours à l’envahisseur. Dès lors, une révolution est sur le point d’éclater, musique dramatique, situation critique, addition évidente : Willis + action + dilemme moral en guise de dénouement. Original.

Clones est un film d’anticipation maladroit qui oscille entre scènes d’action potaches et narration morale stéréotypé. Si la thématique est intéressante elle est malheureusement bien trop mal exploitée. Exit la philosophie d’une société où la technologie a concassé les valeurs sociales. Mostow vient charcuter son récit par des scènes d’actions futiles préférant ainsi le spectacle à l’approche conceptuelle d’une puissante technologie en émergence.
Le spectateur est face à un bordel scénaristique où les clichés moraux flirtent avec un sentimentalisme trivial. Depuis qu’il a perdu son fils dans un accident de voiture, l’agent Greer n’a plus aucun contact avec sa « vraie » femme qui préfère palper son mari à l’aide de sa copie robotisé. Une jonction larmoyante et stérile dans cette histoire d’enquête policière et de mutinerie entre robots et humains révoltés.

Si Bruce Willis excellait récemment dans un Die Hard 4 100% action, il est dans Clones, totalement transparent. Que ce soit dans le rôle de son double robotique customisé par un artifice capillaire ridicule ou dans sa propre chair sans un poil sur la caboche, il donne une impression d’absence. Quant aux seconds rôles, ils sont grossièrement exploités à l’instar de Ving Rhames, risible en représentant bobmarleysque des réfractaires.

Au final, Clones n’est qu’un quelconque divertissement de plus que l’on rayera très vite de notre mémoire. Prévisible, inégal et bourré de clichés assez pénibles, il ne permettra pas à Jonathan Mostow de bénéficier d’un retour en grande pompe à la science fiction.
À situer entre I-Robot, À l’aube du 6ème jour et le récent Gamer, Clones ne parvient malheureusement pas à se forger une identité originale et s’estompe devant les raccourcis scénaristiques bien trop faciles. Dommage.

Note: 3/10

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