
L’heure est grave. Va falloir que je me remette à briller en société rapidos. Il le faut.
Je vous brosse le tableau : cela fait maintenant 15 minutes que je chante inconsciemment du Patrick Sebastien pendant que je mitraille du vilain sur Modern Warfare 2. 15 minutes… Je sais pas si vous vous rendez bien compte ce que représentent 15 minutes. Soit 4 chansons que j’entonne en gesticulant dans tous les sens comme un gros ringard mutilé par le vide sentimental qui le fait visiblement partir en couille. J’arrive à m’effrayer en prenant conscience de la solitude du moment que je viens de vivre. Imaginez une seule seconde les soldats des forces spéciales de l’US Army s’émoustiller sur Le petit bonhomme en mousse et La fiesta en plein échange de balles avec l’ennemi dans les rues dévastées de la Virginie ? Bordel, c’est ridicule. Ma Playlist 8 révèle un fâcheux manque d’équilibre. Après Queen of the Stone Age j’aurai dû commencer à m’étonner du changement agressif de style. Mais non, tout ça semblait naturel. Faut que je pense à lâcher la manette de temps en temps. Que j’arrête de jouer comme un porc. Que je revienne dans le droit chemin du bon goût.
C’est notre putain de guerre
Pendant ce temps là, à Los Angeles, Eels livre End Times. Huit mois à peine se sont écoulés depuis le moyen Homo Lobo que Mark Oliver Everett ressort déjà la guitare pour 14 titres décrivant l’âme en peine face à un amour perdu. Il faut croire qu’un récent divorce aide à faire crier la plume.
Ce huitième album pleure des ballades légères et bourrées d’une profonde mélancolie. Certains morceaux s’emballent, comme un espoir de résurrection, mais le paysage reste marqué par la tristesse et la noirceur des sentiments. Le barbu se pose dans l’ombre du cœur et signe un album d’une grande simplicité avec lequel il arrive une nouvelle fois à nous embarquer dans sa montagne russe des émotions. Qu’importe le minimalisme et le manque d’inspiration, on écoute ses cris du cœur avec empathie en attendant que la flamme se rallume. What Eels ?
Eels – Little Bird
Sortez donc de l’ombre. Je vous offre un peu de lumière avec des titres plus énergiques. Et avec ça je vous mets l’electro de Danger qui roule des mécaniques sur 4h30. Cadeau, c’est la maison qui offre.
Ça commence en douceur et…
Tout à l’horizon
Réveil
Rivière colorée
4h30, ça sent le Danger


Mais tu t’es carrément surpassé sur le What Eels. Tu te rapproche de la “bonne feinte”, à défaut de te rapprocher de “la vie en société”.
De toute façon tu vas bientôt devoir arrêter brutalement de “geeker” avec ce fucking stage qui arrive bien vite, finalement. :(
A ciao bonsoir.